Vous retrouvez régulièrement quelques gouttes d’urine ou une petite flaque à l’endroit où votre chien était couché ? Votre chien perd des gouttes d'urine en marchant ? Il peut s’agir d’incontinence urinaire. Ce trouble correspond à une émission d’urine involontaire : le chien ne contrôle pas la miction et peut même ne pas s’en rendre compte. L’incontinence urinaire chez le chien peut avoir différentes origines et survenir à tout âge. Elle ne doit donc pas être considérée comme une conséquence normale du vieillissement. Une consultation vétérinaire permet d’identifier l’origine du problème et de mettre en place un traitement adapté pour préserver le confort, le bien-être et la santé de votre chien.
Publié le 17 septembre 2026L’incontinence urinaire se manifeste par des pertes involontaires d’urine. Les propriétaires remarquent souvent des gouttes ou des flaques en regard des lieux de couchage, notamment après une période de sommeil ou de repos. Le pelage autour de la région génitale peut également rester humide. Selon les situations, en cas d’incontinence urinaire, les fuites urinaires peuvent être occasionnelles ou devenir plus régulières. Une irritation cutanée peut apparaître lorsque la peau reste fréquemment humide. L’incontinence urinaire est avant tout à différencier de la malpropreté urinaire (miction volontaire en intérieur, souvent caractérisée par des grandes flaques d’urine) et de la pollakiurie (émission volontaire de petites quantité d’urines, souvent en intérieur et signe d’une maladie de la vessie dans la grande majorité des cas). Une modification de la fréquence des mictions, une augmentation du volume d’urine produit ou des difficultés à uriner peuvent orienter vers d’autres troubles urinaires ou un problème de santé plus général. Si votre chien souffre, semble avoir du mal à uriner, présente du sang dans les urines ou essaie fréquemment de faire ses besoins sans y parvenir normalement, il est nécessaire de consulter rapidement un vétérinaire.
L’incontinence urinaire n’est pas une maladie, mais un signe clinique. Différentes maladies peuvent perturber le fonctionnement normal de la vessie et le contrôle de la miction. Les cas d’incontinence nécessitent donc d’en rechercher précisément l’origine avant de proposer une prise en charge.
L’incompétence du sphincter urétral est une cause fréquente d’incontinence urinaire, particulièrement chez la chienne stérilisée. Le sphincter ne maintient plus suffisamment l’urètre fermé. Cette diminution du tonus favorise alors les fuites urinaires involontaires. Les fuites sont souvent observées lorsque le chien est détendu, couché ou endormi. Une chienne stérilisée, notamment de taille moyenne ou grande, peut être davantage prédisposée à ce trouble.
Chez un jeune chien présentant une incontinence depuis son plus jeune âge, les vétérinaires peuvent rechercher des malformations congénitales du système urinaire. L’uretère ectopique en est un exemple. Normalement, les uretères transportent l’urine produite par les reins jusqu’à la vessie. Lorsqu’un uretère débouche à un emplacement anormal, des fuites urinaires involontaires peuvent apparaître. Cette malformation congénitale nécessite des examens complémentaires afin d’établir un diagnostic précis. Selon la nature de l’anomalie, une intervention chirurgicale ou une autre prise en charge spécifique peut être envisagée par l’équipe vétérinaire.
Des troubles du système nerveux peuvent aussi perturber le contrôle de la vessie et de la miction. Le système nerveux intervient en effet dans le stockage puis l’évacuation du contenu de la vessie.
Certaines affections peuvent provoquer des signes cliniques “mimant” une incontinence urinaire, mais qu’il est important de différencier d’une véritable incontinence. Les infections urinaires peuvent notamment entraîner des envies plus fréquentes d’uriner, l’émission de petites quantités d’urine ou une gêne pendant la miction. Dans les cas d’infection urinaire, une analyse d’urines peut aider à orienter le diagnostic. Des calculs urinaires peuvent également perturber le fonctionnement de la vessie. Certaines maladies systémiques, comme le diabète sucré, peuvent entraîner une augmentation de la consommation d’eau et du volume d’urine produit. Le propriétaire peut alors observer des accidents de malpropreté urinaire à la maison, sans qu’il s’agisse d’une véritable incontinence.
L’incontinence urinaire peut être observée chez des chiens de tout âge. Avec le vieillissement, certaines affections deviennent plus fréquentes et peuvent modifier la mobilité. Un chien senior souffrant d’arthrose peut, par exemple, avoir davantage de difficultés à se lever et à rejoindre l’extérieur. C’est pourquoi une modification des habitudes chez un chien senior mérite une consultation plutôt que d’être simplement attribuée au vieillissement. Observer la consommation d’eau, l’aspect des urines, les circonstances dans lesquelles surviennent les accidents urinaires et leur évolution peut fournir des informations précieuses aux vétérinaires.
Un animal (chien ou chat) incontinent ne décide pas de faire ses besoins. Les fuites se produisent involontairement, parfois pendant son sommeil et sans qu’il change de position. À l’inverse, un chien peut faire ses besoins dans la maison pour de nombreuses raisons : apprentissage de la propreté incomplet, modification de son environnement, trouble comportemental, impossibilité d’accéder à l’extérieur, maladies à l’origine d’une prise de boisson augmentée avec urgence à la miction secondaire. Un animal qui demande à sortir beaucoup plus régulièrement peut également présenter une affection de l’appareil urinaire ou produire davantage d’urine en raison d’un trouble général. L’observation des circonstances est donc essentielle pour orienter le diagnostic.
La consultation commence par un échange détaillé avec le propriétaire. Le vétérinaire peut notamment demander depuis quand les fuites urinaires sont présentes, à quel moment elles apparaissent, quelle quantité est perdue ou si la consommation d’eau et la fréquence des mictions ont évolué. Un examen clinique complet est ensuite réalisé. Une analyse d’urines est ensuite indiquée afin de rechercher différentes anomalies, dont une infection urinaire. Selon les résultats et le profil de l’animal, des examens complémentaires peuvent être nécessaires. Une échographie permet notamment d’examiner la vessie, les reins et d’autres structures de l’appareil urinaire. Des examens d’imagerie plus spécifiques peuvent être proposés lorsqu’une anomalie anatomique, comme un uretère ectopique, est suspectée. Ces examens aident les vétérinaires à différencier une véritable incontinence urinaire des autres problèmes de santé susceptibles de provoquer des symptômes similaires. Ils permettent ensuite de proposer des soins et des conseils vétérinaires adaptés à chaque situation.
Le traitement dépend directement du diagnostic établi. Il n’existe donc pas une prise en charge unique applicable à tous les chiens. En cas d’incompétence du sphincter urétral, un traitement médical peut être proposé afin de réduire les fuites urinaires. Certaines situations nécessitent toutefois une autre approche ou une prise en charge chirurgicale. Lorsqu’une infection, des calculs urinaires, une anomalie anatomique ou un problème de santé général sont identifiés, les soins ciblent l’affection concernée. Le vétérinaire peut également donner des conseils adaptés au mode de vie de l’animal. Certains traitements doivent être administrés sur le long terme et faire l’objet d’un suivi par les vétérinaires. L’objectif est de limiter les épisodes d’incontinence urinaire tout en surveillant l’évolution de la santé de votre chien.
Quelques adaptations peuvent améliorer le confort de l’animal pendant la prise en charge. Proposez des sorties suffisamment régulières et veillez à ce que votre chien puisse facilement accéder à l’extérieur, particulièrement s’il est âgé ou présente des difficultés de mobilité. Gardez son couchage propre et sec et surveillez la peau autour de la région génitale car une humidité persistante peut favoriser des irritations. Des protections absorbantes peuvent ponctuellement être utiles, à condition d’être changées régulièrement. Si vous avez le moindre doute concernant la santé de votre animal, prenez rendez-vous en clinique vétérinaire.
Bien que la stérilisation soit reconnue comme un facteur associé à l’incompétence du sphincter urétral, toutes les chiennes stérilisées ne deviennent pas incontinentes. Plusieurs facteurs interviennent et le risque varie selon les caractéristiques individuelles de l’animal.
Il ne faut pas réduire arbitrairement l’accès à l’eau pour essayer de limiter les accidents. Une augmentation de la soif peut d’ailleurs constituer un signe important pour évaluer la santé de l’animal. Le chien doit conserver un accès permanent à de l’eau fraîche, sauf indication vétérinaire particulière. Cette recommandation vaut également pour le chat et les autres animaux de compagnie.
Cela dépend de son origine. Certaines formes d’incontinence peuvent être nettement améliorées, voire contrôlées, grâce à un traitement médical ou à une intervention adaptée. Dans d’autres situations, une prise en charge sur le long terme peut être nécessaire. Le suivi vétérinaire permet d’évaluer la réponse au traitement et de l’ajuster si besoin afin de préserver le confort du chien.