L’hypertension artérielle est une affection encore sous-diagnostiquée chez les chiens, car souvent silencieuse au début. Elle correspond à une élévation persistante de la pression exercée par le sang sur la paroi des artères. Lorsqu’elle n’est pas détectée et traitée à temps, elle peut entraîner des complications sur les organes et engager le pronostic vital. Comprendre ses mécanismes, reconnaître les signes cliniques et mettre en place une prise en charge adaptée permet de limiter le risque de complication et d’améliorer la qualité de vie de l’animal. Cette affection concerne principalement le chien, mais peut également être observée chez le chat.
La pression artérielle dépend du flux sanguin, de la résistance des vaisseaux et de l’activité cardiaque du chien ou du chat. On parle d’hypertension artérielle lorsque la pression artérielle systolique est durablement supérieure aux valeurs de référence, en dehors d’un stress ponctuel. La tension artérielle élevée n’est généralement pas une affection isolée. Elle est le plus souvent la conséquence d’une maladie sous-jacente, ce qui explique l’importance d’un bilan complet et d’une évaluation globale de l’état de santé de l’animal.
-
-
-
Toute augmentation durable de la pression artérielle au-delà du seuil de 150 mmHg est considérée comme anormale. Plus cette valeur s’élève chez l’animal, plus le risque de complications augmente, notamment au niveau du cerveau, des yeux, du cœur ou des reins.
À la différence de l’hypertension humaine, l’hypertension chez les animaux domestiques est rarement idiopathique. Elle est généralement secondaire à une affection systémique sous-jacente évoluant de manière insidieuse.
Les affections des reins sont la cause la plus fréquente de la tension artérielle élevée. La maladie rénale chronique altère la régulation de la pression artérielle, favorisant son augmentation. Dans les formes sévères, une insuffisance rénale aiguë peut également s’accompagner d’une élévation brutale de la pression.
Certaines affections hormonales peuvent provoquer une hypertension secondaire, notamment :
-
-
Ces maladies entraînent des modifications du métabolisme vasculaire et cardiaque.
Une affection cardiovasculaire peut être associée à une hypertension, en particulier lorsque le cœur doit fournir un effort excessif pour maintenir une circulation sanguine normale. À l’auscultation, un souffle cardiaque peut parfois être détecté, traduisant une anomalie cardiaque sous-jacente. Une hypertrophie cardiaque peut alors apparaître.
L’hypertension artérielle est souvent asymptomatique pendant longtemps. Les signes cliniques apparaissent généralement lorsque des organes cibles sont atteints. Les symptômes possibles chez les animaux sont multiples :
-
-
-
-
-
-
-
Dans les formes sévères, un accident vasculaire peut survenir, constituant une urgence vétérinaire.
Une hypertension artérielle non contrôlée expose l’animal à un risque de complication important, notamment :
-
-
-
-
Ces atteintes constituent de véritables complications sur des organes vitaux et justifient un dépistage précoce.
La mesure de la pression artérielle chez les animaux est un examen non invasif, indolore et essentiel en médecine vétérinaire. Elle permet d’évaluer la force exercée par le sang sur les parois des artères et de dépister une éventuelle hypertension artérielle. Cet examen est réalisé par le vétérinaire à l’aide d’un appareil spécifique, le plus souvent par méthode Doppler ou oscillométrique, avec un brassard adapté à la taille de l’animal. La mesure est effectuée dans un environnement calme afin de limiter l’effet du stress, qui peut fausser les résultats. Plusieurs mesures consécutives sont nécessaires pour obtenir une valeur fiable. La pression artérielle systolique est le paramètre principalement évalué. Cet examen est particulièrement recommandé chez les animaux âgés ou atteints d’affections rénales, endocriniennes ou cardiovasculaires. Intégrée aux bilans de santé, la mesure régulière de la pression artérielle contribue à une prise en charge précoce et à la prévention des complications.
En cas d’hypertension confirmée, des examens sont réalisés afin d’identifier la cause :
-
-
-
Ces examens s’intègrent souvent dans des bilans de santé, notamment chez les animaux âgés.
La prise en charge repose sur deux piliers : traiter l’hypertension et corriger la maladie sous-jacente lorsqu’elle est identifiée.
Des médicaments antihypertenseurs sont prescrits par le vétérinaire afin de normaliser la pression artérielle et de protéger les organes cibles. Le traitement est souvent instauré sur le long terme, avec un contrôle régulier.
La surveillance de la tension artérielle est essentielle. Des ajustements thérapeutiques sont parfois nécessaires selon l’évolution clinique et les résultats des contrôles.
La meilleure mesure préventive repose sur un contrôle vétérinaire régulier, en particulier chez l’animal :
-
-
-
L’intégration de la mesure de la tension artérielle lors du bilan de santé annuel permet de détecter précocement l’hypertension, chez les chiens comme chez le chat.
Dans la majorité des cas, oui. L’hypertension est le plus souvent secondaire à une affection sous-jacente, notamment rénale ou endocrinienne.
Cela dépend de la cause. Lorsque l’hypertension est liée à une maladie chronique, un traitement au long cours est généralement nécessaire avec un suivi vétérinaire régulier.
Oui. Elle peut évoluer silencieusement pendant des mois, voire des années, avant l’apparition de signes cliniques liés aux complications sur les organes.