Les tumeurs de la bouche chez le chat sont des affections graves, souvent diagnostiquées trop tardivement. La bouche du chat est une zone difficile à examiner au quotidien, ce qui explique que les lésions passent parfois inaperçues pendant plusieurs semaines. Pourtant, une détection précoce améliore significativement les chances de prise en charge et la qualité de vie des animaux atteints.
Une tumeur correspond à une prolifération anormale de cellules. Lorsqu’elle touche la cavité orale, elle peut concerner les gencives, la langue, le palais, les lèvres ou la mâchoire. On distingue deux grandes catégories de tumeurs chez le chat :
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Chez le chat, les tumeurs buccales sont majoritairement malignes et doivent être traitées rapidement, d’autant plus que dans la majorité des cas, les métastases sont précoces.
Les tumeurs bénignes de la cavité orale sont plus rares chez le chat que chez le chien, mais elles existent. Elles ont en commun de ne pas envahir les tissus voisins ni de produire de métastases. Leur croissance peut toutefois gêner l’alimentation ou provoquer une inflammation locale, ce qui justifie une prise en charge vétérinaire.
Épulis L’épulis est une tumeur bénigne qui se développe à partir des tissus de soutien de la dent, principalement au niveau des gencives. Chez le chat, elle reste peu fréquente mais peut être observée sous la forme d’une masse ferme, parfois pédiculée, localisée près d’une dent. Même si l’épulis ne correspond pas à des cellules cancéreuses, sa présence peut entraîner :
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Le diagnostic repose sur un examen clinique complété par une biopsie afin de confirmer la nature bénigne de la lésion. Le traitement consiste le plus souvent en une exérèse chirurgicale, avec un bon pronostic lorsque la tumeur est totalement retirée.
Papillome Le papillome est une autre forme de tumeur bénigne pouvant toucher la bouche chez le chat, bien qu’elle soit rare. Il se présente généralement sous la forme de petites excroissances rosées ou blanchâtres, à l’aspect irrégulier. Ces lésions sont parfois liées à une infection virale et peuvent rester longtemps stables. Dans certains cas, elles régressent spontanément. Une intervention est envisagée si le papillome :
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Un suivi vétérinaire est essentiel afin de différencier un papillome d’un début de tumeur maligne.
Les tumeurs malignes représentent la grande majorité des masses buccales observées chez le chat. Elles sont caractérisées par une croissance invasive et un risque de dissémination vers d’autres organes, notamment les ganglions lymphatiques régionaux. Notons qu’il existe différents stades cliniques indiquant le degré d’extension de la tumeur maligne dans l’organisme du chat :
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Carcinome épidermoïde Le carcinome épidermoïde est de loin la tumeur buccale la plus fréquente chez le chat. Il se développe à partir des cellules de la muqueuse orale et touche principalement les chats âgés. Ce cancer est particulièrement agressif localement. Il infiltre rapidement les tissus environnants, y compris l’os de la mâchoire, ce qui complique la chirurgie. Les signes cliniques sont souvent progressifs :
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La prise en charge repose sur la chirurgie lorsque cela est possible, parfois associée à d’autres traitements en complément. Le pronostic dépend largement de la précocité du diagnostic.
Fibrosarcome Le fibrosarcome est une tumeur maligne issue des tissus conjonctifs. Il est moins fréquent que le carcinome épidermoïde, mais reste une entité importante parmi les tumeurs buccales félines. Cette tumeur se caractérise par une croissance rapide et infiltrante. Elle peut provoquer une déformation visible de la mâchoire ou des gencives. Bien que les métastases soient moins fréquentes que pour d’autres cancers, l’invasion locale est souvent marquée. Le traitement repose principalement sur la chirurgie, parfois associée à une radiothérapie, selon la localisation de la tumeur et son extension.
Mélanome Le mélanome buccal est plus rare chez le chat que chez le chien, mais il s’agit d’un cancer particulièrement agressif. Il prend naissance à partir des cellules pigmentaires de la muqueuse orale. Les lésions peuvent être pigmentées (noires ou brun foncé) ou, au contraire, peu colorées, ce qui complique parfois leur identification. Le mélanome présente un fort potentiel métastatique, notamment vers les ganglions et les poumons. La prise en charge est souvent complexe et le pronostic reste réservé, d’où l’importance d’une détection précoce et d’un suivi vétérinaire rigoureux.
Les causes exactes des tumeurs buccales félines restent peu connues. Toutefois, plusieurs facteurs sont suspectés de favoriser le fait de développer un cancer :
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Les signes cliniques sont souvent discrets au début, ce qui retarde la consultation vétérinaire. Voici quelques symptômes qui peuvent vous alerter :
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Lorsque la maladie progresse, des ganglions lymphatiques peuvent augmenter de taille, traduisant une extension du cancer.
Le diagnostic repose sur plusieurs étapes :
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Les options de traitement dépendent de plusieurs facteurs :
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L’intervention chirurgicale réalisée sous anesthésie générale est souvent le traitement de référence lorsque la tumeur est localisée et opérable. L’objectif est de retirer un maximum de tissu tumoral, mais cela peut être complexe dans la cavité orale.
Lorsque la chirurgie seule ne suffit pas, d’autres traitements peuvent être proposés en complément de la chirurgie :
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Ces traitements visent à limiter la progression des tumeurs malignes et à améliorer le confort du chat.
Le pronostic dépend fortement de la détection précoce. Les tumeurs diagnostiquées à un stade avancé présentent souvent un pronostic réservé, en particulier le carcinome épidermoïde. C’est pourquoi une prise en charge précoce est nécessaire afin de :
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Notons que l’accompagnement du chat et de son propriétaire est une partie essentielle du suivi.
Il n’existe pas de prévention vraiment efficace. Toutefois, certaines mesures permettent de réduire le risque :
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Afin de prendre soin de la santé de votre animal, il est essentiel de regarder régulièrement sa cavité buccale. Habituez-le à lui ouvrir la bouche dès son plus jeune âge, c’est important si vous devez lui faire des soins locaux. Cela vous permet également de vérifier s’il n’a pas de tartre ou une dent cassée par exemple. Bien sûr, soyez attentifs à tout changement de comportement et prenez rendez-vous dans votre clinique vétérinaire si certains signes vous semblent anormaux. Votre vétérinaire pourra vous prodiguer des conseils afin de prendre soin de la santé de votre compagnon.
Non. Certaines tumeurs bénignes existent, mais chez le chat, une masse buccale est le plus souvent maligne. Un diagnostic vétérinaire est indispensable.
Non, la mauvaise haleine peut être liée à des maladies dentaires. En revanche, lorsqu’elle est persistante et associée à d’autres signes (douleur, perte de poids), elle doit alerter.
La guérison complète est rare pour certaines tumeurs comme le carcinome épidermoïde, mais une prise en charge adaptée permet souvent de prolonger la survie et d’améliorer le confort de vie du chat.